La Constitution canadienne de 1982 reconnaît les droits ancestraux et les droits issus de traités de trois groupes autochtones au pays : les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Ce dernier terme prête à confusion parce qu’il désigne à la fois la Nation métisse historique de l’Ouest et les communautés d’origine mixte, européenne et autochtone du Canada.
Dans la Constitution, il désigne les descendants des coureurs des bois français et écossais installés dans le nord-ouest canadien pour la traite des fourrures, principalement regroupés au Manitoba. On les appelle les Métis de la rivière Rouge. Des communautés métisse d’origine mixtes sont reconnues en Ontario, au Labrador terre-neuvien et dans les provinces de l’Ouest, mais non, au Québec…
Même s’ils ne sont pas reconnus comme nation par le gouvernement provincial, les métis du Québec ont une part active dans le renouveau des traditions et jouent un rôle important dans l’histoire des Premières Nations. À l’heure actuelle, ils représentent 587 545 citoyens canadiens selon le recensement de 2016, un chiffre en hausse depuis les modifications apportées à la Loi des Indiens en 1985 et celles adoptées avec la loi S3 qui mettront fin aux discriminations sexistes en 2019. En redonnant des droits aux femmes sans statut ainsi qu’à leurs enfants, un grand nombre de métis a été légalement reconnu.
C’est un sujet sensible suscitant encore de nombreuses divergences, étant donné la définition vague de l’identité métisse dans les termes de la Constitution et les critères sanguins exigés.
Si l’autoproclamation de certains « sans statut » peut sembler inappropriée, mise en avant par un lien éloigné à des ancêtres autochtones remontant parfois au XVIIe siècle, ce sont le mode de vie et les croyances des métis imprégnés par la culture des Premières Nations qui font la différence.
« L’identité ? C’est la langue originelle qui fait l’autochtone et le respect des traditions. « Nous, dans les pow wow, on les reconnaît à leur danse et à la langue de la nation qu’ils sont censés connaître. » déclare Gilles Moar, « pas à la couleur de la peau ».
Il y a des exceptions néanmoins, la perte des langues autochtones croissant dans nombre de communautés. Malgré l’esprit de tolérance qui marque les pow wows, le discours inclusif ne fait pas toujours l’unanimité et les fraudes de statut des danseurs, lorsqu’elles sont constatées, sont réprimées par les maîtres de cérémonie.
Les organisations métisses du Canada et des États-Unis ont adopté le drapeau symbolisant un « signe de l’infini », sur un fond bleu ou rouge, couleurs de la North West Company.
